Casino : Intermarché coupe les branches mortes du parc racheté

Seulement un an après le rachat de près de 300 murs à Casino, le groupement des Mousquetaires/Intermarché a annoncé jeudi 3 avril envisager la fermeture de 30 magasins, qui emploient au total 680 salariés. Le groupe explique cette décision par un « équilibre financier inatteignable » pour ces points de vente. Il prévoit de proposer d’autres postes en son sein aux employés concernés.
C’était presque prévisible. Le groupement des Mousquetaires/Intermarché a annoncé, le jeudi 3 avril, envisager la fermeture de 30 magasins rachetés à son concurrent Casino il y a un an et qui emploient près de 680 salariés. Dans un communiqué, le groupe explique cette décision par le fait que « l’équilibre financier reste inatteignable » pour ces points de vente.
Intermarché pas le seul distributeur à avoir racheté des magasins Casino
Depuis octobre 2023, le groupement des Mousquetaires/Intermarché a repris 294 magasins à Casino, confronté à de grandes difficultés financières en raison d’un fort endettement contracté sous la présidence de Jean-Charles Naouri. Au total, 10 000 emplois étaient concernés par ces reprises. Auchan et Carrefour avaient également mis la main sur les magasins grand format de Casino, son activité historique.
Casino a empoché 1,8 milliards d’euros grâce aux cessions
Au total, Casino a cédé 366 hypermarchés et supermarchés en France. Alors qu’il comptait encore 200 000 salariés dans le monde fin 2022, avant sa restructuration, l’entreprise née à Saint-Étienne n’employait plus que 25 500 personnes à fin juin dernier, sous les enseignes Monoprix, Franprix, Cdiscount, Vival, Naturalia et Spar. L’ensemble des cessions lui a permis d’engranger 1,8 milliard d’euros en 2024, une manne lui ayant permis d’éponger une partie de sa dette.
21 magasins cédés à la demande de l’Autorité de la concurrence
Sur les 294 magasins repris à Casino, le groupement des Mousquetaires/Intermarché a transformé 211 en des Intermarché et 62 en des Netto, enseigne discount. Mais il a dû céder les 21 restants à la demande de l’Autorité de la concurrence. En 2024, le distributeur avait affirmé que cette acquisition était « historique » et représentait pour lui « 15 ans de développement de surface commerciale ». Elle devait lui apporter 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel supplémentaire.
Le rachat, un pari risqué pour Intermarché
Mais personne au sein du groupement n’ignorait que cette reprise était risquée au vu de l’état peu reluisant de nombreux magasins. Ceux-ci avaient des loyers souvent élevés et perdaient de nombreux clients en raison des prix très élevés pratiqués par l’ancienne direction de Casino. Dans son communiqué publié jeudi, le groupement Les Mousquetaires/Intermarché concède une « politique commerciale inadaptée ayant eu pour conséquence de fidéliser les clients vers d’autres enseignes concurrentes ».
Intermarché devait obligatoirement se séparer de ces magasins déficitaires
Le réseau pointe aussi « un manque d’investissements trop important ces dernières années, et des taux de charges trop élevés par rapport à la réalité économique du marché ». Il dit avoir été contraint de se délester des 30 magasins en raison de leur équilibre financier inatteignable malgré la pleine mobilisation de sa direction depuis des mois. Il faut dire que cette direction devait obligatoirement se séparer de ces branches mortes pour ne pas fâcher ses 3000 chefs d’entreprise qui ne bénéficient pas d’autant d’efforts financiers.
Des discussions en cours avec les représentants du personnel et les salariés
Le numéro trois de la distribution alimentaire ( derrière E.Leclerc et Carrefour) a prévu de proposer un poste en son sein aux 680 salariés concernés par la fermeture des points de vente. Il a déjà eu une réunion avec les représentants du personnel et les salariés ce jeudi en CSE, pour échanger sur la situation économique des magasins visés. Le groupement promet un accompagnement individuel à chaque salarié, avec différentes possibilités.